Les étudiants des pays fondateurs connaissent-ils l’Europe?

Posted by Claire Goyer on 16/12/13

Interrogées sur cette question, deux étudiantes de l’Institut d’études européennes (IEE) nous disent : un sérieux effort reste à faire ! J’ai le plaisir de publier l’article qu’elles m’ont envoyé sur cette question. Claire GOYER


Manon DIAS et Pauline DUBOIS-GRAFFIN sont étudiantes à l’IEE. Pour mémoire, elles ont fait partie de la table ronde de la conclusion des journées européennes du Nouvel Obs à Bruxelles le 12 octobre 2013.

L’IEE, Institut d’études européennes a été créé au sein de l’Université libre de Bruxelles dans les années 60, peu après la signature du traité de Rome. L’objectif était de former les étudiants de tous pays à la connaissance de la construction de l’Europe et des politiques menées par l’Union européenne. Aujourd’hui, l’Institut propose plusieurs formations post-bachelor dans les domaines historiques, culturels, économiques, politiques et juridiques pour répondre à cet objectif.  Marianne DONY en est actuellement la présidente et succède à d’autres noms illustres comme Henri Simonet, André Sapir, Françoise Thys… A l’image de ces présidents successifs, l’Institut est réputé grâce au professionnalisme et à la diversité de ses professeurs comme de ses élèves. Il accueille chaque année environ 300 étudiants de toutes nationalités y compris des pays non membres de l’Union européenne. Le fait que les étudiants soient italiens, belges, français, suisses, chinois ou encore originaires des pays d’Europe centrale et occidentale, est un des éléments essentiels de l’identité de l’Institut. La proximité avec les institutions de l’Union présentes en nombre à Bruxelles est une des raisons du succès et de la réussite de la l’IEE. Les étudiants peuvent alors vivre en temps réel la vie politique de l’Union, trop souvent délaissée au sein des États membres. L’Institut est également le lieu où de nombreux projets naissent. Le magazine Eyes on Europe peut être un exemple. Crée en 2004 par des étudiants de l’IEE, il est gratuit, trilingue et biannuel et est distribué au sein de l’ULB, des institutions européennes, des think-tank et groupes d’intérêts.

La diversité au sein de l’Institut et sa dimension européenne ont conduit l’enseignement à se faire en français et en anglais. Cependant, même si tous arrivent avec un bagage universitaire de trois ans minimum, il est important de noter que beaucoup d’étudiants n’ont jamais étudié l’Europe ou sa construction. Cela dépend d’abord des nationalités, les étudiants venus des pays de l’Europe centrale et orientale (PECO), anciens pays soviétiques, ont souvent eu plusieurs enseignements sur l’Union alors que les étudiants issus des pays fondateurs ne les ont pas toujours eu. Ensuite, les filières choisies ont aussi un impact. Les filières de droit et science politique apparaissent comme les mieux fournies en termes de cours sur l’Union européenne. Même si, dans les cursus officiels d’éducation des États membres, l’étude de l’UE est au programme, elle n’est que très rarement, voire pas du tout, traitée. On comprend donc  le peu d’intérêt porté par les jeunes à l’Union européenne, la plupart la comprenant très mal. Un autre élément essentiel est  la connaissance des langues étrangères. Le plurilinguisme doit être renforcé. Par exemple, il y encore trois ans, la France interdisait la tenue de cours en langue étrangère (principalement l’anglais) au sein des universités. Si le maintien de la langue nationale est essentiel, il est aujourd’hui impossible de concevoir l’étude d’une Europe si diversifiée sans connaître la langue de son voisin. Dans certains États, la connaissance des langues étrangères est souvent considérée comme acquise à l’entrée à l’université, ce qui est loin d’être le cas. Et pourtant, les enseignements linguistiques disparaissent ou ne sont plus que facultatifs au niveau universitaire.

Aujourd’hui, les jeunes ont le souhait profond d’être européen mais ne connaissent ni les subtilités de l’Europe ni ses langues. C’est à l’école, dès le plus jeune âge, de faire de la future génération les citoyens européens de demain et c’est à l’enseignement supérieur de poursuivre cette éducation en formant les élites européennes. L’IEE souhaite répondre à ces attentes dès aujourd’hui et se place donc comme un lieu de socialisation entre jeunes étudiants européens d’univers différents cherchant tous à croire en l’Europe. Il s’agit d’une jeunesse n’ayant connu que l’Union européenne et qui souhaitent la voir s’épanouir en la rendant accessible à tous.

Manon DIAS et Pauline DUBOIS-GRAFFIN, Bruxelles, 7 décembre 2013

 

 

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